Des voisins si parfaits
Chapitre 2
Haine ou poésie ?
8 septembre 2023, le couperet tombe, une fois de plus. Il faut croire que la bête était coriace puisqu’il aura fallu quatre juges et cinq avocats pour en venir à bout… Mais, ça y est, c’est fait, ils ont gagné ! La bête gît au sol, sans force ni colère, accablée par un sentiment d’injustice et une imminence sensation de gâchis.
Vous l’aurez compris « La bête », c’est moi.
Tous mes recours sont maintenant épuisés. Que faire pour rétablir un semblant de vérité ou simplement retrouver ma vie passée ? Les choix ne sont pas si nombreux, changer de nom, partir et renoncer ou prendre la plume. Ironiquement, j’ai opté pour la plume. Je dis ironiquement, car c’est par elle que tout a commencé et même si les causes sont bien plus inavouables que celles que laisse entrevoir la Justice, c’est par un français qui dérange, par des droits jugés mal acquis que tout s’est enclenché.
Puisque la justice obéit à l’impératif du peuple, permettez-moi de vous livrer ma vérité.
À l’instar de Zola qui inscrivait la violence la plus bestiale dans une sorte de folie filiale, la Justice du Québec semble vouloir faire revivre cette hérédité du mal. Celle qu’on définit et punit a priori, sans même avoir besoin d’analyser, de peser, d’entendre, sans même le temps de juger, car la condamnation suffit. Enfin, voyons, « les siens » ont prouvé bien avant elle qu’elle n’était pas digne de nous.
Tiens, ça me fait penser au Loup et l’agneau de La Fontaine, où tout doit faire vengeance à partir du moment où il s’agit d’un même troupeau : « Si ce n’est toi, c’est donc ton frère. - Je n’en ai point. - C’est donc quelqu’un des tiens : Car vous ne m’épargnez guère, Vous, vos bergers, et vos chiens. On me l’a dit : il faut que je me venge. Là-dessus, au fond des forêts, Le Loup l’emporte, et puis le mange, sans autre forme de procès. »
Voilà, je crois que tout est dit.
Je terminerai ce préambule avec la lettre adressée à un des juges concernés, qui sans me connaitre, sans vraiment me lire, sans jamais avoir croisé mon regard m’a discrédité pour justifier la privation de droits, que l’on pensait jadis fondamentaux.
Publié le 4 avril 2024
Élisa Deverseine