Quand le silence de « ceux d'en haut » entretient le rejet de « ceux d’ailleurs » Part. I

La Justice complaisante

11/8/20234 min read

Le bruit de la balance L'art de détourner l'art Élisa Deverseine
Le bruit de la balance L'art de détourner l'art Élisa Deverseine

Quand le silence de « ceux d'en haut » entretient le rejet de « ceux d’ailleurs »

Partie 1

La Justice complaisante

Après avoir reçu des messages haineux d’une grande violence.

Après avoir demandé de l’aide à plusieurs institutions d’intérêt, avec pour seule réponse la banalisation de la haine de l’autre.

Après avoir demandé à la justice, en ces mots : « Pour avoir osé dire : Je suis Québécoise. Quelle punition avez-vous prévue pour moi ? »

Et que celle-ci, dans sa grande sagesse, a décidé de me déchoir de mes droits fondamentaux et d’accepter les croix gammées, les injures et les agressions comme mode de communication.

Cette même Justice qui a condamné à quatre reprises le droit du public d’être informé, autrement nommée « censure préalable ».

Cette Justice qui a autorisé la comparaison abjecte des crimes de haine à de la poésie.

Et cette Justice, celle d’un grand pays démocratique comme le Canada, n’a pas hésité une seconde à me menacer pour que j’abandonne, tout en établissant que l’antisémitisme est toujours une haine méritée (1).

Malgré la peur, je dois parler.

Car aujourd’hui plus que jamais, à la lumière de l’actualité et à quelques jours des 75 ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme, il est temps que les démocraties se souviennent pourquoi ces accords ont été signés et qu’elles aient enfin le courage de reconnaitre la haine lorsqu’elles la rencontrent.

Comprenez-moi bien, lorsque je parle de ceux d’ailleurs, je ne parle pas d’immigration ou de nationalité, mais de ceux qui sont rejetés pour qui ils sont.

Depuis le 7 octobre 2023, tous se demandent, si et dans quelle mesure, le conflit proche-oriental va s’importer dans nos démocraties, mais cette importation existe depuis bien longtemps, la seule différence c’est qu’aujourd’hui elle déchaine les passions antisémites et antioccidentales, dans la plus grande impunité, voire dans un cautionnement coupable.

En 2021 déjà (et encore), sous l’impulsion d’un antisionisme aux accents judéophobes, nous assistions à une augmentation des actes antisémites. Des croix gammées, des agressions, des insultes, des étoiles de David aux références fières et provocantes à l’Holocauste, se distribuaient avec la complaisance de la Justice du Canada. Celle, des avocats qui protégés par leur « devoir de fougue » n’hésitent pas à mentir et insulter. Celle, des juges qui immunisés et portés par leur pouvoir discrétionnaire décident à la façon d’une justice verso pollice qui doit mourir. Je parle d’une mise à mort sociale, certes, mais quand sera-t-il lorsque cette Justice offrira des absolutions (in)conditionnelles contre les larmes et le sang versés ?

Alors je vous le demande une nouvelle fois, agissez, avant que nos démocraties ne soient si abimées qu’il ne sera plus possible d’y croire encore.

(1) En janvier 2023, un haut Tribunal du Québec affirmait : « Il faut être deux pour danser le tango », définissant ainsi que la haine identitaire serait invariablement le résultat d’une action fautive de celui qui en est victime.
Ce Tribunal qui menaçait en ces termes (je résume) : « Je pourrais aussi écrire sur le PV d'audition, que vous simulez… », tout en m'invitant à consulter un psychiatre. Comprenez, si vous ne signez pas cet accord, la Justice pourrait en plus de vous de faire passer pour une menteuse, publier que vous êtes une simulatrice dont l’état relève de la psychiatrie. Éliminant, par la même, toute possibilité à un procès impartial.

Photo de couverture : Étoile de David sur un support brulé marqué du sceau de la ville de Kielce (Pologne) retrouvée dans ma cour à Montréal (Québec, Canada), le 19 décembre 2021. Sans jamais le qualifier, la Justice a purement et simplement évacué ce message, en niant non seulement son abjection, mais plus grave encore sa signification et ses conséquences.

Ville de Kielce : Pendant la Seconde Guerre mondiale, les habitants de Kielce et de sa banlieue sont incorporés dans la Westerplatte (1939) ainsi que dans la brigade blindée du général Stanislaw Maczek. La ville est un centre important de la Résistance polonaise. Il y a plusieurs groupes de résistance actifs dans la ville. D'ailleurs, les collines et les forêts de Monts Sainte-Croix deviennent le théâtre d'activités partisanes. La petite ville de Pińczów, à 30 kilomètres de Kielce est aussi la capitale de la « République de Pińczów », territoire libéré et administré par les partisans. Le 23 mai 1943, 45 enfants juifs âgés de 15 mois à 15 ans, survivants du ghetto de la ville, sont exécutés par les nazis dans le cimetière de la ville. La résistance inflige des lourdes pertes aux Allemands et participera plus tard à la libération finale en janvier 1945. Mais des milliers d'habitants de Kielce, dont la quasi-totalité de la communauté juive, ont perdu la vie.

En juillet 1946, des survivants de l'Holocauste revenant à Kielce — 40 juifs et 2 chrétiens — sont massacrés (pogrom de Kielce) sans que la police ou les services de sécurité intérieure n'intervinssent. À ce jour il existe plusieurs théories à ce sujet et la vérité est bien cachée. Ces événements constituent une des plus sombres pages de l'histoire de la ville.

Source Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Kielce

Montréal (Québec, Canada), le 19 décembre 2021